Damas 2 : mosquée des omeyyades
(extérieur)

La Grande Mosquée de Damas est la première oeuvre monumentale dans l'histoire de l'architecture islamique. Sur cet emplacement se sont succédé un sanctuaire araméen dédié au dieu Hadad (IXème siècle av. JC) qui est mentionné dans le Livre des rois de l'Ancien Testament, puis le temple romain de Jupiter (IIIème siècle) dont il ne subside aujourd'hui que le propylée et qui fut ensuite transformé en une basilique dédiée à Saint Jean-Baptiste (IVème siècle). Cette église a été étendue pour former la cathédrale de Saint-Jean, située sur le côté occidental de l'ancien temple. Après la conquête islamique de Damas en 661, sous le règne du premier calife Omeyyade Mu'awiya Ibn Abi Sufyan, les musulmans partageaient l'église avec les chrétiens. Les musulmans ont prié dans la partie orientale de la structure du temple antique et les chrétiens dans le côté ouest. Ce recours collectif a continué jusqu'au règne de Walid bin Abdul Malek, lorsque l'espace de prière est devenu insuffisant en termes de capacité et qu'est apparue la nécessité d'un monument d'architecture pour représenter la nouvelle religion. Le calife a négocié avec les leaders chrétiens pour reprendre l'espace et, en retour, il a promis que toutes les autres églises autour de la ville seraient en sécurité, avec l'ajout d'une nouvelle église dédiée à la Vierge accordée aux chrétiens comme compensation. Lorsque le projet a débuté tous les fragments restants sur le site de l'époque romaine à des périodes byzantine ont été enlevés. Le temple romain est encore présent dans la mosquée sous la forme de certains murs, des propylées à l'Est et des tours aux angles utilisées comme minarets. Par contre, la basilique Saint-Jean-Baptiste, édifice de petite taille, fut détruite pour acquérir de la place. Cette suppression a eu lieu après que l'église eut été rachetée par le pouvoir musulman vers 664. En 705, le sixième calife Omeyyade, Al Walid, décida d'en faire une des plus belles mosquées du monde et après l'avoir agrandie, il l'orna de riches décorations dont les célèbres et magnifiques mosaïques sur fond d'or. Sa construction dura dix ans. Nombre d'artisans chrétiens y apportèrent leur savoir-faire: les mosaïques notamment témoignent de la main des artistes byzantins. La mosquée subit en effet une série de catastrophes : un premier incendie en 1069, suivi d'un second en 1174 amena les Ayyoubides à procéder à une série de restaurations, puis la conquête mongole de Tamerlan (1401) poussa à un nouveau travail de restaurations par les Mamelouks, au niveau du minaret Ouest notamment. En 1759, un tremblement de terre mit à mal le portique autour de la cour, avant qu'un nouvel incendie ne ravage le bâtiment un siècle et demi plus tard, en 1893, et ne détruise la quasi totalité des mosaïques.
Elle possède quatre portes : Bab Al-Barid, Bab Alnofara, Bab Alsaga, bab Al-Amara. Elle est dominée par trois minarets :
le minaret de Jésus
(tour d'angle, au sud-est. Le minaret de Jésus fut bâti en 1247, puis modifié par les ottomans. C'est là que, selon une tradition, Jésus apparaîtra le jour du Jugement dernier.
le minaret occidental, construit par le sultan mamelouk Qart Bey (tour d'angle au sud-ouest, côté esplanade)
en 1488.
et
le minaret Al-Arous ou minaret de la fiancée (au centre du mur nord, à côté de l'entrée des touristes).
Le minaret de la Fiancée date du XIIème siècle. Il fut bâti sur une ancienne tour romaine.
Dans la cour, on peut observer :
le trésor (koubbet al-khazné) face au portique ouest, la coupole des horloges face au portique est, le bassin des ablutions au centre de la cour.


La cour formait auparavant le péribole du temple de Jupiter.

Minaret de Jésus

Minaret de la fiancée
Minaret mamelouk
La façade centrale est ornée d'un long panneau décoré de magnifiques mosaïques de facture byzantine et représentant des motifs floraux ainsi que des paysages imaginaires de villes, de jardins luxuriants et de rivières (image du paradis). Les mosaïques de la Mosquée furent exécutées par des artistes syriens et byzantins au VIIIème siècle.
Kiosque abritant le bassin des ablutions
L'édicule (bayt al-mal) servait à entreposer le trésor de la communauté. Le décor en mosaïque de l'édicule daterait d'une restauration du XIIIème ou XIVème siècle.


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