Tombe de Nofretari

 

  

Plan du tombeau

B – porte d'accès au tombeau
C - antichambre
D - passage vers le vestibule
E – vestibule
F - chambre latérale est
G - accès à la descenderie
H - rampe intérieure
I - accès à la chambre funéraire
J –chambre funéraire
K et L -- annexes latérales ouest et est (non reconstituées)
M - accès à la résidence d'Osiris

 

 

La reine Nofretari était l'épouse préférée du pharaon Ramsès II. La reine Nefertari – Meryenmout (ou Néfertary, Nofrétari, Nefertari), fut Grande Épouse Royale de Ramsès II, à qui elle donna plusieurs fils qui ne survécurent pas à leur père. Parmi les princesses qu'elle mit au monde, Mérytamon devint reine à son tour. Reine favorite ou mère de l'héritier du trône, elle fut quoi qu'il en soit mise en avant par son royal époux durant les premières décennies du règne (XIXème Dynastie, vers 1295-1255 BC).

 

 

Nofretari, "la noble dame, la grande favorite", ainsi que la vantent les textes de ses monuments, pose encore à l'historien un certain nombre de problèmes. Les origines de Nofretari sont encore mystérieuses: certains indices semblent prouver qu'elle serait originaire de la région de Thèbes et qu'elle aurait un lien de parenté avec , le dernier pharaon de la XVIIIème dynastie, dont elle pourrait être la fille. D'autres pensent qu'elle est la fille de Sethi Ier, auquel cas elle serait la sœur ou la demi-sœur de son mari. Mais aucun document ne permet sérieusement d'en étayer l'hypothèse. Certains égyptologues voient en elle une princesse étrangère, comme pourrait le laisser supposer son teint clair, d'autres pensent qu'elle était issue d'une riche famille thébaine. Si le titre de " princesse" ne lui est jamais appliqué, les épithètes inscrites dans sa tombe soulignent, en revanche, les importantes fonctions qu'elle exerçait auprès du roi. "Épouse royale" et "Grande Épouse royale", Nofretari était également reconnue comme la "Dame du Double Pays", "la Dame des deux Terres",  ou la "Souveraine du Sud et du Nord" ou encore "maîtresse de Haute et Basse Égypte". Plus louangeuse encore est la qualification de "Reine de tous les Pays" ajoutée parfois à son protocole, mais qui correspond sans doute à un titre honorifique, peu fréquent apparemment, si l'on considère que seules Hatshepsout et Moutemouia (épouse de Thoutmosis IV), l'inscrivent parmi leurs charges.

Néfertari-Mérenmout, "la plus belle de toutes, aimée de Mout", épousa probablement le grand Ramsès II avant que celui-ci ne fût pharaon et elle occupa une position d'une importance tout à fait particulière. Cette primauté de Nofretari, y compris vis-à-vis des nombreuses autres épouses du souverain, est confirmée par sa présence constante auprès de ce dernier, même à l'occasion de voyages importants comme celui qu'il effectua en Nubie en l'an 24 du règne (vers 1255 av. C) pour l'inauguration du petit temple d'Abou Simbel dédié à la déesse Hathor et à elle-même. Ce temple fut dédié à "Nofretari pour qui le soleil se lève". Sur la façade du monument, on remarque que la reine est de la même taille que le monarque, chose extraordinaire si l'on pense qu'en général les épouses royales sont représentées arrivant à peine au genou de leur mari.

 

C'est à l'âge de 19 ans que Nofretari se marie avec Ramsès II. Elle sera ainsi couronnée reine de la Haute et de la Basse Égypte. Son mari aura au total 8 épouses mais Nofretari restera toujours la principale grande reine d'Égypte.

Elle fut toujours associée aux grandes décisions du règne de Ramsès II. En effet, de nombreux textes nous font part de ses interventions régulières dans le gouvernement. De plus, Nofretari assurait la direction de l'Égypte lorsque son mari partait en guerre (ce qui arrivait très souvent). Elle évolua à de nombreuses reprises dans le sens de la paix (notamment avec les Hittites) et était très appréciée du peuple égyptien.

Elle donna plusieurs fils à Ramsès II mais tous moururent avant leur père. Pour exemple, leur premier fils Amonherkhépechef sera considéré comme le prince hériter pendant la première moitié du règne de son père. Mais hélas, il mourut jeune. Nofretari donnera également une fille à Ramsès II, Mérytamon, qui deviendra par la suite reine en épousant à son tour Ramsès II.

Nofretari mourut bien avant son époux, vers l'an 30 de son règne. Ce dernier régna pendant 66 ans et décéda à l'âge de 90 ans. Ramsès II ne put jamais se remettre de la mort de son épouse préférée. C'est la raison pour laquelle il lui fit construire un temple à côté de son sanctuaire à Abou-Simbel. Ce temple, aussi grand que celui de Ramsès II, lui était dédié ainsi qu'à la déesse Hathor (déesse de la joie, de la musique ainsi que de la beauté et de l’amour) que Nofretari incarnait sur Terre.

Découverte par E. Schiaparelli, la tombe de Nofretari est localisée au bas du versant nord du ouadi principal de la Vallée des Reines (la "Ta Set Neferou" des anciens égyptiens). L'axe longitudinal (sud-nord géographique) suivant lequel elle a été creusée, n'est pas rectiligne, mais prend une direction oblique vers l'est, à partir de la descenderie intérieure pour éviter d'endommager la tombe de la mère de Ramsès II. Dans la Vallée des Reines, la roche calcaire, particulièrement ingrate en raison de sa médiocre consistance, n'a guère dû faciliter l'ouvrage des carriers et des tailleurs de pierre.

Sa tombe comporte trois salles en enfilade, une descenderie et la salle du sarcophage. La première pièce (C) dans laquelle on pénètre, est de plan carré. Cette antichambre ou "salle d'accueil" communique par une large ouverture (D) avec un vestibule (E) qui donne lui-même accès à une chambre (F) de forme rectangulaire. Ces trois pièces, aménagées sur un même niveau, constituent l'étage supérieur de la tombe.
Dans l'angle est du mur nord de l'antichambre (C), une porte (G) ouvre sur une autre descenderie (H) qui mène directement à la chambre sépulcrale (J) ou "salle d'or". Au milieu de la salle, entre les quatre piliers qui soutiennent le plafond, a été creusée, sur toute la largeur, une fosse rectangulaire. C'est dans cette cavité, pourvue de deux escaliers de quelques marches, qu'avait été déposé, à l'origine, le sarcophage en granit rosé de la reine. Elle est l'œuvre des artisans de la set-maât (l'actuelle Deir el-Medineh)..
Le décor peint illustre différents passages du Livre des Morts. Les scènes se passent sous un magnifique plafond étoilé bleu-nuit, qui évoque la voûte céleste. Le décor est peint sur enduit de plâtre, donnant l'impression d'un léger relief. Alors que, dans l'iconographie égyptienne, la coutume veut que les femmes soient représentées avec les chairs jaunes, Nofretari y est toujours figurée avec des chairs rosées, comme si, par cette différence marquée, on avait, pour elle, voulu rompre avec une tradition bien établie. Sur les parois de ses appartements funéraires, Nofretari est soit figurée debout, soit agenouillée, ou encore assise sur un siège à dosseret. A l'exception de trois tableaux, sur lesquels elle peut apparaître sous un aspect momiforme ou sous celui de l'oiseau-ba (évocation de son "âme") elle est vêtue d'une longue et ample robe de lin plissée, serrée sous la poitrine et maintenue à la taille par une ceinture. Sur la tête, elle porte régulièrement la perruque tripartite classique et la "dépouille de vautour" surmontée d'un mortier

Le parcours commence avec son accueil dans l'Autre-Monde, puis à sa progression dans les régions inférieures où elle va devoir affronter nombre d'obstacles, subir maintes transformations avant de pouvoir accéder, enfin, au royaume des élus d'Osiris, prélude à sa régénération.

Maquette de la tombe

 

Vue générale de la tombe : au premier plan, la chambre funéraire, puis la descenderie qui monte au premier niveau.
En enfilade, l'antichambre (C), suivie du vestibule (E) et, au fond, la dernière salle (F) du premier niveau
La descenderie et vue sur l'antichambre et l'entrée.
La descenderie vue de côté.
La chambre funéraire et ses quatre piliers décorés

 

 

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